Texte d’une communication universitaire, retravaillé pour sa publication numérique, le présent article entendait introduire à un aspect original de la pensée comtienne : sa réflexion sur l’art médical. Que Comte ait en effet conseillé à la plupart de ses disciples les plus fidèles d’embrasser la carrière médicale constitue en lui-même un aspect intéressant de l’histoire du positivisme “religieux”. Mais le plus singulier tient ici à ce que la médecine est pensée par Comte simultanément d’après une perspective épistémologique et d’après une perspective politique. Sous le premier aspect, il distingue la médecine d’une simple application de la biologie animale et la relie plutôt, ce qui étonne, à la poésie et à l’art. Puisque l’homme n’est homme en effet que par la destination morale et spirituelle de son existence, destination inscrite dans ses facultés cérébrales, le médecin humain doit se faire au plein sens du terme un humaniste et un expert des passions humaines, il n’est pas, en lui-même, un vétérinaire ou un boucher. Sous le second rapport, Comte pense la médecine dans sa dimension humaine comme une fonction sociale qui doit occuper une position médiatrice entre les différentes forces politiques. Entre le curé et le maire, entre le salut et la concorde, le médecin et le souci de la santé peuvent apparaître comme une troisième voie permettant, pour Comte, de sortir des apories du XIXème siècle.
Je donne ici le résumé de l’article : on en lira l’intégralité, dans sa version numérique, sur le site des Cahiers de Narratologie, où il est d’abord paru, et où il semble devoir rester pour d’obscures raisons de Droits…
Résumé :
En définissant la santé humaine à partir de l’idée « d’hygiène cérébrale », Comte cherche à penser l’unité profonde de la littérature et de la médecine comme l’expression d’une même vie, celle de l’humanité. Le positivisme propose ainsi une synthèse « politique » de la médecine qui, en s’opposant au scientisme naissant, associe dans une même pratique le soin et la pédagogie, la connaissance biologique et la critique littéraire. Par là se dessine une conception nouvelle de la place du médecin dans l’ordre social : médiateur entre l’âme et le corps, il lui revient également, suivant Comte, de concilier les forces historiques antagonistes de l’ordre et du progrès.
Lire l’article dans son entier :
Réformer la médecine par la littérature : l’éducation des médecins dans la politique positive d’Auguste Comte (Cahiers de Narratologie, n°18 : Litteratures et sciences ; juillet 2010 )
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